Dans le potager, si il y a un élément que l'on ne choisit pas, c'est bien le sol.

Il est difficile de changer le sol de son jardin, mais il est possible de s'y adapter en choisissant les bonnes techniques de travail du sol, la bonne fertilisation…

Évidemment, un sol peut être amélioré à condition de le connaître le mieux possible. Pour cela des analyses de terre peuvent être effectuées par des laboratoires moyennant d'y consacrer un certain budget.

 Le type de sol :

Il est essentiel de connaître son sol et ainsi savoir quel est le type de sol de votre jardin.

D'abord, il faut savoir qu'il existe trois grandes tendances de sol (argileux, limoneux, sableux) qui sont classés suivant une échelle granulométrique :

 

Tous les sols ne sont pas que argileux ou limoneux mais plutôt un mélange d'argile, de limon et de sable, seul une analyse granulométrique peut donner les pourcentages exact de ce mélange.


Ensuite, grâce à ces pourcentages, il est possible d'en déduire la désignation du sol grâce au triangle de textures:

  • Il faut porter sur les trois axes les pourcentages d'argile, de limons et de sables.
  • Pour chacun des points ainsi trouvés, mener une parallèle à l'axe précédent.
  • L'intersection de ces trois parallèles désigne la classe du sol.

 

Maintenant que le type de sol est connu, le tableau suivant énumère les grandes tendances des types de sol avec leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients :


SOL

Avantages

Inconvénients

Sableux

Facile à travailler
meuble et aéré
pas de battance
réchauffement rapide

sol plutôt pauvre
réserve utile faible
sol usant (outils...)


Limoneux

sol riche
plutôt facile à travailler
réserve utile correcte
terre fine
terre foncée

battance élevée
tassement en condition humide
aération moyenne

Argileux

bonne réserve utile
terre riche



prise en masse importante
sol "lourd"
tassement important
travaille du sol compliqué
sol froid
mauvaise aération

 

Caractéristiques d'un sol convenable :

  • Matière organique 2% / 3%
  • pH entre 5.8 et 6.2
  • terre limono-sableuse

Il existe deux techniques très faciles permettant d'apprécier le sol de votre jardin :
  • La Technique du boudin :

Cette technique est très simple. Elle consiste à prendre dans ses mains une bonne poignée de terre humide et essayer de former un "boudin"
Résultat :

"boudin solide et malléable"

"boudin morcelé et fragile"

"boudin impossible à former"

TERRE ARGILEUSE
TERRE LIMONEUSE
TERRE SABLEUSE

 

  • La Technique de la bouteille:

Cette technique consiste à mettre dans une bouteille une poignée de terre. Une fois la terre mise dans la bouteille, il suffit de la remplir aux 3/4 d'eau et de bien la secouer. Laisser reposer le tout.
Au bout de quelques jours, la terre va retomber; d'abord le sable va se déposer en premier, puis les limons et les argiles. Ainsi, il est possible d'établir approximativement les pourcentages des différant constituant du sol.

Pour déterminer les pourcentages, c'est mathématique. Il faut mesurer la hauteur total de terre "x" puis mesurer chaque couches de terre (c'est normalement facile à déterminer à l'œil) qui sont nommées "y" "z" "a"....
Puis il faut appliquer la formule suivante:
%de "a"= (a/x)*100
%de "y"= (y/x)*100
%de "z"= (z/x)*100....
Ainsi, (%de"a" + %de"y" + %de"z" ...)=100%


Le travail du sol

Le travail du sol consiste à conditionner le sol le plus favorablement pour la mise en culture du jardin. Tous les légumes sont soucieux à la qualité de la structure du sol et ainsi aux bonnes pratiques du travail du sol.

Un sol bien travaillé est un sol décompacté en profondeur (20/30 cm) et très meuble en surface. Selon les cultures, il y a des nuances; pour des pommes de terre, il faut privilégier un sol bien décompacté en profondeur (pour favoriser le développement des tubercules) sans avoir une surface trop fine alors que pour des semis divers, il faut plutôt avoir une terre fine en surface pour améliorer le contact entre la terre et les graines.

La technique "de base" du travail du sol est le labour.
Le labour est une opération du travail du sol qui consiste à retourner la terre de façon à ce que la partie inférieure du sol soit ramené à la surface.

Deux moyens peuvent être utilisés pour le labour :

  • à la fourche à bêcher

  • au motoculteur

 

  • A la fourche (manuellement)

 

Enfoncer la fourche (ou la pelle) dans le sol
Soulever et pivoter la terre de façon à ce que la surface du sol se retrouve au fond du labour et briser les mottes pour affiner la surface.

Cette méthode (longue et fatigante) est très pratique pour des petites surfaces et demande simplement l'achat d'une fourche ou d'une pelle, mais cela devient beaucoup plus contraignant pour des surfaces importantes (à partir de 100/150 m²).

fourche et pelle à bêcher

 

  • Au motoculteur (motorisé)

Malgré un investissement important, le labour motorisé est un moyen rapide pour labourer et mettre en état le jardin. Suivant les conditions de travail, le résultat est souvent plus grossier avec un labour motorisé que le labour manuel d'où l'obligation de faire un travail de reprise du sol.

 

Après un labour, il est souvent nécessaire d'affiner la surface du sol d'où un travail de reprise du sol.
Comme pour le labour, il y a deux moyens pour affiner la terre:

  • Manuellement : ce travail s'effectue avec des outils à dents comme un râteau, un cultivateur, un pic...

  • Avec une motobineuse : motorisé, ce moyen rapide et efficace est idéal pour les grandes surfaces.

Toujours travailler le solen remontant la terre pour éviter l'érosion.

 


La fertilisation

Mener une fertilisation précise et rigoureuse du sol n'est pas toujours facile.
Cependant, il n'est peut-être pas nécessaire de se casser la tête pour quelques mètres carré de potager...

Pour cela, un amendement organique régulier peut satisfaire largement les besoins du jardin pour l'année.


Ainsi, un apport de fumier ou de compost doit être effectué au minimum tous les deux ans pour entretenir la fertilité du sol.


Cet apport doit être fait de préférence en automne pour permettre au sol de bien décomposer les débris. Il suffit d'épandre le fumier sur un sol nettoyé (tondeuse) pour ensuite le mélanger en surface avec de la terre (motobineuse...). Enfin il est préférable d'y implanté un couvert végétal (blé, ray grass...) pour protéger le sol des intempéries de l'hiver, éviter le lessivage de l'azote et restreindre la pousse des mauvaises herbes.

Si cet apport n'est pas possible à l'automne, un apport au printemps est tout à fait possible en privilégiant un apport de compost plus que du fumier. Il est nécessaire de préparer un terrain plutôt propre (tondeuse) pour épandre le fumier avant tout-autre travail du sol.

Quelle quantité ?

  • Environ 1 / 1.5 kg de fumier/m² ( 1kg de compost/m² ) par an

  • Environ 2 / 2.5 kg de fumier/m² ( 1.5 kg de compost/m² ) tous les deux ans

De ce fait, si la fertilité est entretenu, aucune carences n'est à craindre.

Si vous êtes très à cheval sur la fertilité, en plus d'un apport organique, il est nécessaire d'utiliser des amendements chimiques ("de commerce") et ainsi avoir une fertilisation de précision.

Pour cela, le tableau suivant vous aidera à fertiliser et doser selon ce que les légumes auront consommés dans le sol :



Fumier épandu au sol

Compost (débris du jardin, épluchures, tontes, fumier de poule...)

Fumier de bovin