En dépit des résultats spectaculaires obtenus par l'allopathie, '•. la médecine classique connaît aussi des échecs. L'affaire de la thalidomid' en est un dramatique,
En 1962, en Allemagne et en Grande-Bretagne, 3 000 enfants, dont les mères avaient pris des sédatifs durant leur grossesse, naissent avec des difformités.
Cet événement a fortement ébranlé la confiance du public dans la toute-puissance des médicaments. En effet, on se rend compte, brusquement, qu'un traitement à base de médicaments sophistiqués peut engendrer des effets secondaires catastrophiques.
Et, par voie de conséquence, l'opinion change radicalement au sujet de la phytothérapie.
En Chine, l'accession au pouvoir de Mao Zedong et de l'armée populaire de libération, en 1949, a profité à la phytothérapie.
La médecine occidentale est alors bien implantée dans le pays, mais la majorité de la population a peu d'espoir d'en profiter. De plus, les partisans de la médecine moderne utilisent, parallèlement, l'acupuncture et la phytothérapie, qui sont au coeur de la médecine traditionnelle chinoise.
En associant ces deux pratiques, les autorités chinoises cherchent à obtenir les meilleurs résultats possibles. Elles fondent cinq hôpitaux spécialisés dans l'enseignement scientifique de la médecine traditionnelle. Parallèlement, on améliore la qualité des plantes.
Contrairement à la médecine moderne occidentale qui tend à rendre le patient de plus en plus dépendant de son médecin et des technologies sophistiquées, la médecine traditionnelle chinoise, comme toutes les autres formes de médecine alternative, met l'accent sur la responsabilité personnelle du patient dans la manière de se soigner, favorisant une approche holistique (c'est-à-dire globale) du traitement.
Dans les années 1960, la Chine inaugure le programme dit «des médecins aux pieds nus». Après une période d'instruction médicale de base, associant la phytothérapie, l'acupuncture et les pratiques occidentales, ces médecins sont envoyés dans les zones rurales pour soigner les millions de Chinois trop éloignés des villes pour profiter des bienfaits de la médecine moderne.
A la fin des années 1960, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) adopte le modèle des médecins aux pieds nus et décide de faire participer les herboristes traditionnels aux programmes chargés de répondre aux besoins de soins du tiers-monde.