XVII-XIX SIÈCLE

A la fin du XVIe siècle, Paracelse est devenu la figure de proue de la médecine fondée sur la chimie. Le « fameux docteur» avait également insisté sur le danger de l'utilisation de poisons métalliques — mercure, arsenic et antimoine -, mais les médecins de l'époque n'ont pas manifesté autant de prudence. Des doses de plus en plus importantes d'un purgatif connu sous le nom de calome (un chlorure de mercure : Hg2Cl2) ont été prescrites, notamment aux malades de la syphilis. 

Le traitement était très souvent bien plus dangereux que la maladie elle-même, car il provoquait la mort des patients et ajoutait aux douleurs initiales, celles causées par l'empoisonnement au mercure.

La célèbre citation d'Hippocrate « des cas désespérés nécessitent les remèdes les plus désespérés » est alors interprétée à la lettre, comme le prouve l'incroyable vogue des purges et des saignées prescrites durant trois longs siècles en Europe et aux Etats-Unis.

Au début du XIXe siècle, cette pratique atteint son apogée avec la médecine «héroïque», dont la figure de proue est le D' Benjamin Rush (1745-1813), qui soutenait que la pratique médicale pouvait se limiter aux saignées et au calomel. Cette position extrémiste reflétait un état d'esprit dans lequel la phytothérapie n'avait pas du tout sa place.