Afin de tirer le meilleur parti des plantes médicinales, il convient de veiller à ce que les herbes et leurs dérivés soient d'excellente qualité. Cela exige qu'elles soient cultivées dans de bonnes conditions, correctement séchées, bien conservées et que leur date limite de consommation soit respectée.

Le recours à des plantes de mauvaise qualité est bien souvent une perte de temps et d'argent étant donné que vous n'en tirerez pas tous les bienfaits. S'agissant de plantes médicinales, la qualité prime avant tout.

On ne peut s'attendre à profiter de toute l'efficacité d'un remède naturel si la plante recherchée n'est pas la bonne ou si sa qualité laisse à désirer.

Une des raisons pour lesquelles la profession médicale s'est, dans son ensemble, tournée vers les remèdes conventionnels en délaissant les plantes médicinales réside dans la difficulté qu'elle avait à garantir la qualité des soins procurés par les herbes. Si des plantes couramment mises en vente sont d'excellente qualité, ce n'est pas le cas de certaines autres.

En 1998, une enquête américaine menée sur les produits élaborés à partir du millepertuis (Hypericum perforatum) fut révélatrice. Elle a montré que les teneurs en hypéricine (un des principes actifs de la plante) variaient de 1 à 17 dans les gélules proposées sur le marché.

De nombreuses gélules ne contenaient pas ce qui était écrit sur l'étiquette. Il y a plusieurs raisons à cela : la récolte de la plante peut avoir été mal faite, la plante peut avoir été mal séchée ou stockée, on a pu employer des herbes âgées ou détériorées, à moins que l'on n'ait récolté la mauvaise espèce, ou bien ce sont les procédés de transformation qui sont à incriminer. Dans chaque cas, le manque de soins aboutit à des produits médiocres dont la valeur thérapeutique est faible voire nulle.

Afin d'obtenir des produits d'excellente qualité, les fabricants de plantes médicinales suivent des procédures de contrôle strictes (appelées « bonnes pratiques de fabrication» ou BPF). Celles-ci incluent l'obligation de valider les plantes séchées selon les normes établies dans les pharmacopées (ouvrages de référence standard fournissant les caractéristiques d'une plante particulière).

Le contrôle de la qualité prévoit de fréquentes vérifications destinées à veiller à ce que les matières premières répondent bien aux critères requis et qu'elles satisfont à des exigences minimales. Les herbes sont inspectées à l'oeil nu puis analysées au microscope pour s'assurer que leurs caractères botaniques sont ceux exigés par les pharmacopées.

On procède ensuite à des vérifications biochimiques pour contrôler la présence des principes actifs à des teneurs minimales fixées par les pharmacopées et pour s'assurer de l'absence de contamination.

Cependant, la présence effective dans une plante du ou des principes actifs n'est pas suffisante et d'autres méthodes plus rigoureuses ont été mises au point.

La composition chimique d'une plante est déterminée par l'ensemble de ses composés spécifiques, identifiés par des appareils de mesure sensibles. En analysant la « signature chimique » d'une plante et en la comparant avec sa composition « témoin », il est possible de valider son identité et sa qualité.