XIV-XVII SIÈCLE

Entre le XIIe et le XVIIIe siècle, l'importation des plantes médicinales exotiques élargit l'éventail des plantes les plus communément utilisées en Europe. Cet afflux aurait pu contribuer à améliorer l'état de la santé dans les pays européens. Après tout, on disposait non seulement de nouvelles plantes médicinales, mais les Européens avaient également la possibilité d'observer d'autres pratiques médicales, celles des peuples d'Amérique du Sud, de Chine, du Japon et, plus particulièrement, d'Inde.

Ce fut, en fait, l'inverse qui se passa. A cette époque, l'Europe connaissait les pires conditions d'insalubrité.

Avant l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique, l'espérance de vie des indigènes était plus élevée, et leur état de santé bien meilleur à celui des conquistadores. Rien d'étonnant à cela, car, en Europe, les villes médiévales étaient surpeuplées et ignoraient les règles d'hygiène de base, comme l'illustre la tradition des égouts à l'air libre.

Des conditions aussi catastrophiques ne pouvaient que favoriser la propagation d'épidémies de peste à partir des ports de la Méditerranée. Au milieu du XIVe siècle (1348-1349), la Peste noire fit des millions de victimes, décimant parfois jusqu'à 50 % de la population.

Il n'existait alors aucun traitement pour arrêter le fléau.

Les épidémies ont continué à dévaster les cités d'Europe et d'Asie jusqu'au XVIII
e siècle. La récente éruption d'une peste en Inde en 1994 a réveillé la terreur inspirée par la simple évocation du nom de la maladie.La syphilis est une maladie qui a été propagée par les navigateurs. Selon la rumeur, elle aurait été rapportée des Antilles jusqu'à Naples à l'occasion des voyages de Christophe Colomb, dans les années 1490, puis elle se serait propagée rapidement à travers l'Europe et dans le reste du monde, atteignant la Chine en 1550.

En Europe, les médecins ne disposaient d'aucun moyen pour combattre des maladies aussi terribles que la peste. Ils suivaient aveuglément la théorie des humeurs de Galien. Si, à l'instar de la médecine chinoise ou hindoue, la médecine européenne avait continué à évoluer, en révisant et en réinterprétant les textes anciens, elle se serait sans doute montrée plus efficace.

Au lieu de cela, les médecins européens mettaient en danger la vie de leurs patients en procédant à des saignées à répétition et en prescrivant des minéraux toxiques censés rétablir l'équilibre entre les humeurs. En effet, l'utilisation de remèdes comme le mercure, alors

très prisé, a conduit à un intérêt accru pour les formules chimiques, et à accélérer la rupture ultime entre la médecine et la connaissance des plantes.