Depuis la naissance-même du jardinage, qu'on pourrait dater aux alentours des premiers signes de sédentarisation des hommes si on permettait aux buts économiques de primer dans le jardinage, mais que nous préférerons évaluer ici aux alentours de la naissance de l'Égypte antique, il a eu une connotation politique et sociale. La datation choisie peut être expliquée par le fait que la naissance de cette culture et le jardinage requièrent tous deux un même facteur : une croissance de prospérité. Ceci permet d'utiliser du terrain, du temps et des techniques agricoles plus pour des raisons d'esthétique et d'agrément que d'autres. C'est à partir de ce moment-là qu'on peut parler de jardinage proprement dit. Le jardinage a ainsi en premier lieu permis à certains de montrer leur prospérité. Cela montre que le jardinage a toujours eu un certain sens socio-politique.
Cela n'a fait qu'accroître avec le temps. En Europe et en Amérique du Nord, les gens laissent parfois apparaître leurs opinions politiques ou sociales dans leur jardin, de façon intentionnelle ou non. Par exemple, le message politique des partis écologistes ou certaines ONG telles que GreenPeace conseillent plutôt les jardins sauvages, de préférence aux belles pelouses bien vertes.
En France, le jardin d'agrément et le jardin-potager semblent correspondre chacun à leurs propres groupes socio-culturels. De nombreux agriculteurs et de nombreux ouvriers ont tendance à réserver un espace de leur jardin au potager alors que certains cadres et autres dirigeants n'hésitent pas à consacrer 100% de la surface au jardin d'agrément. De même, les gourmets et les "écologistes" auront à cœur de cultiver leurs propres légumes dans leurs potagers alors que certaines gens rejetteront l'idée même de laisser pousser un seul lègume dans leurs jardins.
Le jardinage procure au jardinier différentes joies. Le plaisir de profiter du résultat de son travail : une pelouse agréable, un parterre net, un arbuste élégant, de bons légumes, etc. Celui de travailler des matériaux naturels : la terre, le bois, l'herbe, les graines, les fleurs et l'eau. Celui d'imaginer et de réaliser l'harmonie d'un paysage. Celui de faire de l'exercice physique en plein air. Et enfin celui de conduire pas-à-pas la nature vers un résultat souhaité comme un éleveur ou un dresseur d'animaux mène pas à pas son dressage pour amener ses compagnons à agir en harmonie avec lui.
Comme toutes les activités humaines dans les sociétés occidentales, le jardinage n'échappe pas à une certaine marchandisation et toute une activité économique s'est développée autour de cette pratique. À l'origine assurée par les graineteries, la commercialisation des plants et graines est de plus en plus assurée par des jardineries qui l'accompagnent d'une offre d'accessoires et de produits de traitement divers et qui font partie maintenant du paysage des zones commerciales des grandes villes. Pépiniéristes et entreprises d'entretien d'espaces verts complètent l'offre de services accessibles au particulier.